Mon cœur de Pauline Bureau

Un combat à cœur ouvert /

Issue des témoignages des nombreuses victimes du Mediator, cette pièce nous révèle l’envers du décor sur l’affaire juridique et médico‑sociale.
Un vendredi de novembre au Théâtre de la ville de Saint-Nazaire, les élèves de TL2 du lycée Aristide-Briand ont rencontré Catherine Vinatier, interprète du médecin Irène Frachon, ainsi que Vincent Hulot, compositeur musical et sonore, et scénographe de la pièce. Ils ont bien voulu partager leur parcours artistique et leur engagement personnel avec nous.

Pensez-vous que votre pièce peut influer dans le procès du Mediator ? 
C : Oui, le jury est obligé de voir la pièce. Mon cœur permet de perpétuer la lutte contre la société Servier puisque le procès est toujours reporté.

Comment ont été composés le texte et la musique ?
C : Le texte était déjà à moitié écrit grâce à l’aide des victimes. Pendant le premier mois de répétition, les comédiens sont partis d’improvisations, puis Pauline Bureau a retravaillé le texte.
V : Tout au long des répétitions je suis présent, je modifie, ajoute et construis le son.

Quel parcours avez-vous suivi ?
C : Je me suis inscrite au Conservatoire de ma ville. J’ai ensuite décidé de rejoindre une troupe d’amis à Paris et de débuter dans le CNSAD (Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique).
V : J’ai arrêté l’école en Première puis entamé une formation de technicien lumière/son. Lors d’une collaboration comme régisseur, j’ai trouvé ma voie.

Le dramaturge Victor Haïm a dit «Le théâtre est fait pour diviser, voire déranger».
C : Déranger, j’aimerais bien. Afin de faire sortir les gens de leur zone de confort.
V : Le théâtre, c’est lancer la discussion autour de débats qui font polémique.

Avez-vous déjà refusé des rôles ?
C : Faire du théâtre, c’est parler pour d’autres, transmettre un message. Je ne jouerais pas un rôle dans une pièce qui ne coïncide pas avec mes convictions.

« Mon Cœur a eu raison de ma paranoïa »

La pièce vous a-t-elle marqué ?
C : Toutes les pièces me marquent et sont différentes. Apprendre un rôle, le jouer et incarner un personnage demande du temps. Mon Cœur a eu raison de ma paranoïa. Les médicaments, l’État, les professionnels de la santé : aujourd’hui nous vivons dans une société intéressée par l’argent.
V : Aujourd’hui tout mon soutien va vers les victimes du Mediator. Je me sens plus impliqué par l’actualité concernant la santé.

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Texte : Les élèves de TL2, Lycée Aristide-Briand, Saint-Nazaire - Photos : Pierre Grosbois - Photo groupe : Magali Fenech