Fred Pallem et le sacre du Tympan

Des musiques de jazz pour nous caresser les oreilles/

Tel un cowboy sur sa chaise, le compositeur, arrangeur, bassiste et guitariste de jazz Fred Pallem, nous accueille dans une ambiance conviviale. Il discute avec nous avec envie, sans retenir ses mots ni ses anecdotes vibrantes.

Est-ce la première fois que vous venez à Saint-Nazaire ? Êtes-vous content de la balance et du son de la salle ?

Oui c’est la première fois. Et ouais la salle et la balance étaient bien, avec une bonne acoustique. Mais cela varie en fonction des salles, c’est d’ailleurs pour ça qu’on fait des balances. Parfois ça sonnera tout de suite très bien dans une petite salle pourrie et moins bien dans une salle plus pro’, et on ne sait pas pourquoi.

 

Dans certains morceaux, on ressent une véritable influence issue du cinéma. Les compositeurs de musique de film vous ont inspiré ?

Oui, tous même. J’ai d’ailleurs commencé à vraiment écouter et à tripper sur de la musique à 12 ans, on a l’impression d’être dans un film. J’écoute moins de musiques à texte, ça me transporte moins.

 

Le nom de votre groupe est un clin d’œil au Sacre du Printemps de Stravinsky. Vous en êtes vous inspiré ?

Non, c’est un copain qui m’a d’ailleurs fait découvrir plein de choses comme le free jazz, qui m’avait dit d’appeler mon groupe comme ça. Je vous conseille d’aller écouter en concert L’oiseau de feu, je l’ai découvert à 15 ans, et à chaque fois que je l’écoute j’ai des frissons de ouf, comme pour Star Wars.

Qu’avez vous fait pour comme études et parcours professionnel ?

Au départ je ne suis pas conçu pour la musique mais pour le dessin, toute ma famille était dans le dessin et donc j’ai fait des études d’arts. C’est à 13 ans que j’ai vraiment commencé à m’intéresser à la musique, quand j’ai trouvé sous le lit de mon père une vieille guitare électrique, alors que je cherchais une revue érotique, que je n’ai d’ailleurs pas trouvée ! Que se serait t-il passé si je l’avais trouvée ?

J’ai appris tout seul, je jouais dans plusieurs groupes, j’écoutais beaucoup de musique. J’ai dit à mon père que j’arrêtais le dessin pour la musique, il m’a dit « vas-y, mais fais-le à fond », il ne fallait pas que je le déçoive. À ce moment là je jouais dans plus de 20 groupes pendant que je faisais des petits boulots à côté.

J’ai appris le solfège avec des cassettes de dictée et un livre d’harmonies. Mais après ça j’avais besoin d’écrire, de composer. Un copain m’a alors conseillé d’aller étudier avec un certain professeur d’écriture de jazz, qui était au conservatoire de Paris. Je m’y suis inscrit et j’ai réussi à passer les trois tours pour y être admis, tout ça sans me rendre compte que c’était le haut du panier de l’éducation musicale en France. Pendant quatre ans j’y ai bossé comme un sourd et à ce moment là pour moi, le rêve c’était de jouer sur un piano Steinway le dimanche matin à 8h, chaque semaine je réservais ce créneau.

Votre musique est nourrie du style de la Mowtown et de l’esthétique des années 70. Estimez-vous, qu’on n’a rien inventé de nouveau depuis ?

Si, bien sûr, mais moi je ne cours pas spécialement après la nouveauté à tout prix, ni après le vintage à tout prix non plus. Donc si, il y a toujours des choses bien, mais le problème, je pense, est qu’il y a maintenant plus de musique, de propositions, qu’il n’y en n’a jamais eu, tellement qu’on s’y perd, et qu’on en oublie les bons trucs. Il y en a beaucoup de choses bien, mais elles sont perdues dans plein de déchets, que l’on met en avant et c’est dommage. Il y avait moins de déchets avant, mais aussi moins de propositions, parce que pour monter sur scène il fallait vraiment avoir du talent et savoir chanter ou jouer.

Quelles sont vos méthodes de travail et quel est l’envers du décor de vos compositions ?

Je suis tout seul pour écrire, et ça peut être très long comme très rapide. L’arrangement est souvent plus rapide, puisque c’est un peu comme rajouter des couleurs à une planche de BD, je sais déjà ce que je vais mettre dès que j’écoute le morceau. La composition c’est plus long parce qu’il faut tout construire, inventer l’histoire, mais si je suis inspiré ça peut aller très vite. J’écrivais tout à la main jusqu’en 2013 où j’ai découvert Sibelius et Pro Tools*, c’est un gain de temps énorme, donc un gain d’argent alors je gagne plus d’argent depuis que j’ai Sibelius.

SOIT L'UN SOIT L'AUTRE

Sergio Léone ou Quentin Tarantino ? Sergio Léone

Manix ou Mission impossible ? Mission impossible

Basse ou guitare ? Basse

Film ou film d’animation ? Film d’animation

Arrangement ou composition ? Composition

La reine des neiges ou Cendrillon ? La reine des neiges

Les tontons flingueurs ou le père Noël est une ordure ? Les tontons flingueurs

Numérique ou analogique ? Numérique

Lalo Shiffrin ou Duke Ellington ? Duke Ellington

Pappy Boyington ou James West ? Pappy Boyington

Philippe Katerine ou Barbara Carlotti ? Barbara Carlotti

John Williams ou Hans Zimmer ? John Williams

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Interview : 1G4 spé musique lycée Aristide-Briand - Texte : Lou Voisin Photos : 1 et 2/ Sylvain Gripoix - 3/Elsa Dimofski